23 – Eclosion

Tout d’abord, merci à ceux et celles qui participent à ce défi par leur présence quotidienne. J’aimerai en connaître plus sur vous, mais chacun reste libre de s’exprimer ou non.

Une contrainte difficile ce soir. Lorsque les mots sont variés sans lien entre eux, il est plus difficile de les inclure dans un contexte cohérent. Ainsi va l’écriture contrainte !

Transhumance, basque, océan, montagne, fluo, moto, enfants, bienveillance, altruisme

23 – Eclosion

Le lourd battant claque derrière moi et m’inspire un sentiment de frayeur semblable à celui que me procure un caveau ou une prison.

Je frissonne de ce qui m’attend.

Avec curiosité et inquiétude, j’observe la pièce où nous venons de pénétrer après avoir traversé un couloir aux portes fermées.

La lumière diffuse dessine les contours des meubles disposés autour de moi. L’absence de lit ou ce qui pourrait y ressembler m’interpelle et désigne cet endroit pour ce qu’il est.

Une salle de tortures. Consenties ou non. Perverses et sadiques, à n’en pas douter.

Mon regard accroche le banc semblable à celui qu’utilisait mon grand-père basque pour traire les vaches lors des transhumances auxquelles je participais enfant.

L’incongruité du souvenir à cet instant précis augmente ma tension et déploie des alertes dans mon cerveau échauffé. Je les écarte, me concentre sur l’environnement pour éloigner la peur.

Le carcan de bois et de fer, digne d’une salle de torture du moyen âge, trône sur ma droite. Des chaines pendent au plafond, munies ou non de menottes. La croix adossée au mur se dissimule adroitement dans la pénombre qui la  nimbe de mystère. À ma gauche, une armoire ouverte expose son lot d’instruments que les néons fluo d’un rouge agressif habillent de reflets sanglants.

Terrifiant.

Ce qui, il y a quelques heures, ne possédait aucune consistance pour moi acquiert désormais une réalité effrayante.

— Avance.

Le pied sur mes fesses m’incite à accepter mon sort, m’avertit que je ne dois attendre aucune bienveillance de sa part. La cordelette de soie nous relie et instaure d’emblée la règle à suivre.

Obéir.

À toutes ses demandes. À tous ses désirs qu’ils soient fous ou tordus, immoraux ou vicieux, tendres ou brutaux.

Je tremble de la tête aux pieds consciente des risques auxquels je m’expose en m’abandonnant entre les mains d’un inconnu.

Agit-il par simple altruisme ou ses intentions sont-elles autres ?

Je me rassure. Un cercle comme celui-ci se prémunit certainement d’individus enfreignant les règles de « bonne conduite » du milieu.

Par petits à coups sur le cordon, il me guide vers un fauteuil club recouvert d’un plastique inélégant destiné à protéger le cuir des déjections multiples que j’imagine sans peine. L’émanation de désinfectant atténue les relents de sueurs, les odeurs de sexe et la fragrance caractéristique du sang, sans pour autant les dissimuler.

— Ne bouge pas.

J’étouffe du resserrement brutal autour de mon cou, respire par la bouche, bruyamment.

La main sur ma nuque me force à me plier au sol, à poser le front sur le carrelage froid.

Je ferme les yeux, terrorisée et pourtant terriblement vivante.

La sensation est puissante, monte en vague, me noie dans un océan d’incompréhension de moi-même, d’émotions en montagnes russes, folles et enivrantes.

Pourquoi suis-je ici ?

L’accident de moto a déclenché des déséquilibres que je subis et dont je dois m’affranchir au plus vite. Cette évidence ancre en moi des certitudes et des désirs sans limites.

Ce soir, je franchis les barrières interdites.

A suivre…

Texte court un peu moins court. 

19mars

 

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3 commentaires sur “23 – Eclosion

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  1. Bon jour,
    A la lecture, j’ai essayé de faire un lien avec le précédent chapitre … De fait à ces exemples : « Le pied sur mes fesses » et « J’étouffe du resserrement brutal autour de mon cou », je vois pas de lien (sans jeu de mot) avec le chapitre précédent. Est-ce normal docteur ? Ou est-ce un flash-back ? 🙂
    Par ailleurs, effectivement le texte court prend ses aises …:)
    Max-Louis

    J'aime

    1. L’histoire se déroule en deux périodes. Le passé et le présent. Celui-ci est le flash-back (présent depuis le début, un soir sur deux). Pas évident pour le lecteur au quotidien, je l’assume totalement 🙂 Le texte court prend toujours ses aises. Je ne suis pas à l’aise avec ce format, d’où l’intérêt de m’y plier. Bonne soirée Max Louis et merci pour la visite quotidienne.

      Aimé par 1 personne

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