36 – Poison

Une contrainte simple ce soir et qui m’a rappelé un certain fauteuil 🙂 et d’autres petits détails amusants. Ce qui est fait est fait, passons à autre chose. 

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36 – Poison

Le voile assombrit mes paupières fermées. Avec adresse, Gabriel noue le foulard autour de ma tête et prend soin de couvrir mon nez comme la première fois.

Depuis son entrée, il n’a pas prononcé un mot. Aucune mise en garde ou semonces. Elles sont inutiles et ma présence dans cette chambre représente une acceptation tacite entre nous.

Je lui autorise tout.

Il le sait.

Il m’a tendu une perche et je l’ai attrapé de mon plein gré avec l’espoir de revivre après dix ans de recherches infructueuses, la désintégration de mon esprit, l’ouverture du coffre-fort qu’est devenu mon cerveau.

Ce soir-là, j’ai effleuré les souvenirs enfouis, ils ont battu en moi dans la pénombre de mon subconscient. Ils se sont invités en frisson sans que je puisse les saisir et me les approprier.

Je les poursuis depuis cette nuit fabuleuse. Sans succès.

Un nouveau déclic pourrait peut-être m’aider à apprivoiser cette partie de mon passé.

Les zones d’ombres s’immiscent trop souvent dans mes cauchemars pour que je souhaite les éradiquer ou y faire face.

De quelques manières que ce soient.

Gabriel recule, sans doute jusqu’au fauteuil disposé à quelques pas du lit.

S’y assied-il pour me contempler, organiser la Séance à venir ?

Je doute de gouter au repos du week-end après ce qu’il me réserve. Heureusement, mon endurance en matière d’immobilité engendrée par les multiples contentions expérimentées me permettra de récupérer lors des deux jours prochains. Tant qu’il ne me marque pas de manière visible sur les parties du corps interdites, personne ne soupçonnera notre dérive intime.

À nouveau, il revient vers moi, écarte mes cheveux derrière mes oreilles et installe le casque audio. Son souffle saccadé effleure mon front. Ses mains tremblent légèrement.

Excitation ? Impatience ?

J’en flambe de l’intérieur et une coulée de cyprine imbibe la dentelle de mon string. Je mords ma lèvre pour retenir mon gémissement, imagine dans la seconde son sexe raide taquiner ma bouche, s’y introduire rudement, me combler jusqu’à la glotte de quelques coups de pistons profonds. Mes joues se couvrent de rouge à l’évocation de la manière dont il m’a démontré la différence entre une fellation et un baisage de bouche. Il a été le premier à y mettre autant d’ardeur, à m’imposer ses appétits brutaux sans ménagement, à transformer ce qui était pour moi un préliminaire charmant en leçon de soumission et de plaisir.

Il m’a fait chienne et pute, salope et esclave.

Grâce à lui, je m’approprie le double de mon miroir, ce reflet bourré de désirs et de pulsions à qui je laisse les rênes lorsque la pression m’alourdit l’esprit.

Il a fait de moi un poison pour moi-même et je n’ai d’autres choix que d’y faire face, de vivre cette désorganisation indispensable à mon équilibre.

Je suis sur un fil, ténu et fragile.

Un fil capable de se rompre tout moment.

A suivre…

Texte court en image.

1avril

 

D’autres textes pour s’assoir et prendre le temps 🙂

https://popinsetcris.wordpress.com/2018/04/01/01-04-une-contrainte-qui-fait-frissonner/#respond

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2 commentaires sur “36 – Poison

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