37 – Idéalisation

Des mots simples et sans surprise, ce soir. Pourtant, une fois de plus ils entraînent l’imagination et collent parfaitement à l’histoire. C’est magique !

Héros, mort, ébat, arcane, coup, sommeil, hymne, refuge, peau

37 – Idéalisation

Un nouveau coup de badine me rappelle à l’ordre.

Le ballet de la baguette reprend sur ma peau moite de sueur. Il dessine mes plis et replis, apprend la géographie de mon corps, mes émotivités, mes accidents.

Il insiste sur la balafre de ma hanche, la tapote longuement pour en tester la sensibilité. Je la redécouvre à travers ses caresses douces-amères.

Peu à peu, la douleur des pointes de mes seins comprimées par les pinces s’atténue par l’attention qu’il m’impose pour suivre les évolutions de sa quête.

Que cherche-t-il ? Aiguiser mes sens ?

Il y réussit pleinement. Jamais je n’ai ressenti une telle tension des nerfs, une avidité de l’esprit capable de percevoir le souffle du mouvement sur mon épiderme. Les gouttes de sueur à leur tour participent au ballet de cette exploration progressive. Il évite les parties sensibles qu’il a taquinées tout à l’heure.

Le temps a perdu sa consistance apportant des résidus du passé mêlés au présent.

Tout à coup, il s’écarte, s’éloigne.

Je cherche à le retenir par la pensée, l’implore de suppliques muettes pour qu’il ne me quitte pas.

Il maitrise les arcanes de la manipulation, et par ce retrait il fait de moi son esclave.

Je suis prête à tout pour qu’il reprenne sa leçon.

Ai-je connu avant ce soir une telle ébullition ? Une débauche des sens à en devenir folle ? Une mort de la raison pour n’être qu’à son écoute et me transformer en un simple réceptacle de ses désirs ?

Peu importe nos ébats s’ils m’apportent l’ivresse de la détente absolue, le refuge suprême d’un sommeil sans cauchemar, la beauté du néant.

Je sais qu’il dépasse toutes les limites acceptables et qu’il enfreint les règles habituellement instaurées pour éviter les abus.

Depuis quelques minutes, je ne rêve que d’abus.

Les plus rudes. Les plus violents. Les plus abominables et décadents.

Qu’il me fouette, me brûle, m’avilisse sans commune mesure.

Les quelques instants de souvenirs effleurés méritent tous les sacrifices. Ceux de la chair ne sont rien lorsque l’esprit cherche à vous entraver.

Un mot de sa part et je chanterai un hymne à sa gloire de héros, si à nouveau, il m’entraine au-delà des barrières dressées par mon subconscient.

Je sursaute.

Les doigts lissent mes cheveux et s’activent à les nouer dans une tresse serrée. Il coiffe en douceur ma chevelure, la caresse en prenant le temps d’effleurer mes épaules.

Mon cri monte dans ma gorge encombrée de salive lorsqu’il tire ma tête vers l’arrière, arrime la natte à la chaine des menottes. Mon dos s’arque naturellement par le mouvement qu’il m’impose. Ma poitrine assaillie par les décharges provoquées par les poids des pinces se fige. Je vacille sur mes genoux ankylosés par la station statique. Impossible de trouver un équilibre entre ma nuque ployée en arrière et le poids de mon corps entravé. Je me redresse et m’assois sur les talons.

Aussitôt, la badine s’abat sur mes épaules, me force à me pencher en avant.

Comment veut-il que je garde une position aussi précaire ?

Peut-être ne le désire-t-il pas ?

A suivre…

Un texte court en image.

 2avril

 

Pour se détendre la lecture est le meilleur moyen, alors n’hésitez pas, c’est par là :

https://popinsetcris.wordpress.com/2018/04/02/02-04-une-contrainte-heroique/#respond

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